Du bureau d’ingénieur à l’atelier mobile : le point de bascule
Il y a cinq ans, je produisais plus de papiers que de produits. En tant que responsable R&D dans une entreprise fabriquant des instruments de chirurgie, je concevais des solutions techniques qui devaient sauver des vies. Mais progressivement, l’évolution réglementaire m’a éloigné du concret, de la conception, du terrain.
Fin novembre 2021, j’ai pris une décision : changer de voie. Pas un coup de tête, mais le résultat d’une réflexion qui avait mûri pendant des mois. Continuer dans cette direction n’était plus une option.
Le dossier de reconversion : plus qu’une formalité administrative
Pour quitter mon emploi en CDI tout en bénéficiant d’indemnités chômage (ce qui n’est pas le cas dans une démission classique), il fallait passer par un dispositif spécifique : le projet de transition professionnelle. Cela implique de constituer un dossier solide qui démontre la viabilité du projet.
Le dossier comprend plusieurs éléments :
- Une étude de marché : aller chercher des informations sur le terrain, interroger des clients potentiels, analyser la concurrence locale
- Un business plan : chiffrer les investissements, les charges, le chiffre d’affaires prévisionnel
- Une justification du projet : expliquer pourquoi ce changement, pourquoi maintenant, pourquoi ce secteur
J’ai été accompagné par un Conseiller en Évolution Professionnelle (CEP), qui m’a aidé à structurer mon projet et à “raconter l’histoire” correctement. Après des années d’audits et d’inspections dans l’industrie médicale, j’avais pris l’habitude de réponses courtes et factuelles. Ici, il fallait développer, argumenter, convaincre.
Le risque principal : financier
Le principal risque était évident : passer d’un salaire confortable à une rémunération incertaine pendant plusieurs années. Mais à ce stade, continuer dans la même direction était devenu impossible.
Le plan A : un atelier mobile de réparation vélo
Pourquoi un atelier mobile plutôt qu’un magasin classique ?
- Éviter les contraintes financières : pas de loyer commercial, pas de charges fixes liées à un local
- Éviter les contraintes horaires : flexibilité dans l’organisation du travail
- Apporter un service différenciant : venir chez le client, c’est un gain de temps et de confort pour lui
- Un projet d’aménagement passionnant : concevoir et réaliser l’aménagement d’un camion atelier
Le chiffre clé : 40 000 € pour le véhicule aménagé. Un investissement conséquent qui nécessitait une préparation rigoureuse.
Ce que j’ai sous-estimé : le développement du business plan. Bien accompagné, ce n’était pas insurmontable, mais clairement pas la partie la plus facile. Modéliser une activité que je n’avais jamais exercée, avec des paramètres incertains (nombre de clients, panier moyen, temps d’intervention), c’était un exercice complexe.
Le moment de bascule
Quand le dossier a été accepté et que j’ai posé ma démission, une date s’est inscrite dans le calendrier : le 24 février 2022 serait mon dernier jour dans l’entreprise.
À partir de là, le projet n’était plus une idée. C’était un engagement.
Février 2022 : du statut de dossier à celui d’engagement réel
Ce mois marque le passage de la réflexion à l’action. Le projet Dreamsycles existe désormais officiellement, validé par des instances externes, budgété, planifié.
La suite logique : entrer en formation pour acquérir les compétences techniques nécessaires.
Rendez-vous le mois prochain pour découvrir cette étape.
